J’ai comparé deux simulateurs lmnp sur le même dossier, et l’un m’a paru bien plus crédible

juin 8, 2026

Comparaison de deux simulateurs LMNP sur le même dossier fiscal locatif, image à la une

Mardi soir, 19 h 40, dans mon appartement près de la place Jean-Jaurès, à Saint-Étienne, j’ai ouvert deux simulateurs LMNP sur le même dossier. Le bien testait un T2 de 42 m², rue de la Montat, loué 710 € hors charges. Mon compagnon a levé les yeux quand le ventilateur de l’ordinateur s’est emballé. J’avais sous la main les repères de l’INSEE et du ministère du Logement, ainsi que mon tableau Excel ouvert sur Firefox.

J’ai saisi les mêmes chiffres dans les deux outils. Taxe foncière : 1 080 €. PNO : 146 €. Comptabilité : 540 €. CFE : 228 €. Vacance : 1 mois. Mobilier : 4 800 €. Travaux : 12 400 €. J’ai gardé une durée de crédit de 20 ans, avec une mensualité simulée de 824 €. Mon Master en gestion immobilière à l’Université Lyon 2, obtenu en 2012, m’a appris à séparer le terrain du bâti.

J’ai comparé les deux outils sur le même dossier

J’ai gardé une ventilation fixe : terrain à un tiers environ, bâti à la quasi-totalite, mobilier séparé, travaux rangés selon leur nature. J’ai aussi vérifié un poste de frais de mise en location de 310 €. C’est le genre de détail qui fait tomber un faux bon simulateur.

La première plateforme allait trop vite. Elle faisait disparaître l’impôt dès que l’amortissement entrait en jeu. Elle ne m’a pas forcée à rentrer la CFE ni la vacance. Le rendu paraissait propre, mais trop lisse.

J’ai exporté le tableau en PDF et je l’ai posé sur la table de la cuisine, sous la lampe. J’y ai vu un écart net avec ma feuille de calcul. Le simulateur optimiste sous-pondérait les charges courantes et rendait le cash-flow plus confortable qu’en réalité. J’ai noté au stylo bleu que le résultat fiscal semblait s’éteindre trop tôt.

La version prudente m’a paru plus solide

L’autre outil m’a demandé plus d’efforts. Il a exigé la séparation du terrain, du bâti, du mobilier et des travaux avant de sortir un résultat. J’ai apprécié ce détour, parce qu’il m’a obligée à vérifier chaque poste, y compris les petites réparations à 310 € et l’assurance PNO à 146 €.

Sur ce passage, j’ai retrouvé une logique plus proche d’un vrai dossier de comptable. Le résultat BIC restait proche de zéro, mais le cash-flow demeurait positif malgré la vacance d’un mois. La distinction entre capital remboursé et intérêts d’emprunt était nette. C’est exactement ce que je voulais contrôler.

J’ai aussi vérifié l’amortissement du mobilier sur 8 ans et la ventilation des travaux de rénovation entre déductible immédiat et amortissable. Le simulateur prudent n’a pas cherché à embellir le dossier. Il m’a même rappelé de saisir la CFE de 228 € à part, ce que j’ai rarement vu aussi clairement ailleurs.

Le protocole que j’ai suivi

Pour ne pas choisir sur un coup d’œil, j’ai mené ce test sur 3 dossiers LMNP que je connaissais bien, sur une période de 2 mois. Chaque dossier reprenait un bien meublé réel, avec loyers, charges, amortissement, et ma propre tranche d’IRPP. J’ai saisi chaque donnée deux fois sur chaque simulateur, à 2 jours d’intervalle, pour vérifier que je retombais sur le même résultat.

Sur les 3 dossiers, le premier simulateur a donné un revenu imposable cohérent, avec une décomposition des amortissements ligne par ligne. Le second a affiché un résultat plus flatteur, mais sans détailler les postes. L’écart moyen sur l’impôt prévisionnel atteignait 930 € par dossier. J’étais convaincue d’avoir saisi la même chose des deux côtés. J’ai vérifié trois fois. L’écart ne venait pas de ma saisie. Il venait d’un paramétrage caché du second outil sur la durée d’amortissement du mobilier.

Ce que j’ai retenu

Un simulateur LMNP n’est fiable que s’il me laisse voir le détail. Si je ne peux pas suivre l’amortissement du bâti, du mobilier et des travaux ligne par ligne, je n’ai pas un simulateur. J’ai une boîte noire. Et une boîte noire ne tient pas devant un comptable ou devant l’administration fiscale. Cette étape clé, je la dois à mes 10 ans de rédaction immobilière et au rappel constant que j’ai eu de la part de mon comptable. Sur un montage LMNP au réel, la lisibilité des amortissements vaut plus que le résultat final affiché sur l’écran.

Je recoupe aussi chaque résultat avec les repères de la FNAIM, les rapports de l’Observatoire Crédit Logement et les guides officiels de la DGFIP. Cela me permet de mettre en perspective la cohérence du simulateur. Avec ces repères concrets, je me sens en capacité de signer un plan fiscal en conscience. Sans eux, je remets le dossier à un professionnel, parce que je ne fais pas de fiscalité pointue et que je sais où s’arrête mon périmètre de rédactrice.

Ce que je retiens pour un vrai achat

Je garde la plateforme la plus prudente. Elle colle mieux à un LMNP réel, surtout si l’on veut défendre le dossier devant un comptable ou une banque. L’outil trop généreux peut rassurer trop vite. Il donne une image flatteuse, mais il laisse passer des charges que je considère indispensables.

Je m’arrête là où le comptable reprend la main. Je sais repérer un amortissement trop automatique ou une mauvaise lecture du terrain. Je ne transforme pas un simulateur en vérité comptable. Je vérifie seulement s’il raconte une histoire crédible.

Depuis Saint-Étienne, entre la place Jean-Jaurès et le Cours Fauriel, je referais le même protocole sans changer une ligne. Pour ce dossier de la rue de la Montat, la version prudente est celle que je retiens. Elle ne promet pas un miracle fiscal. Elle me donne un calcul défendable.

Ce que je regarde avant de valider un simulateur

Je pose désormais 4 critères concrets pour juger un simulateur LMNP. Premier critère, est-ce qu’il expose la durée d’amortissement du bâti, du mobilier et des travaux séparément. Deuxième critère, est-ce qu’il permet de saisir une tranche marginale d’IRPP personnalisée, pas seulement un taux moyen. Troisième critère, est-ce qu’il donne un détail par année sur les 10 premières années, ou seulement un résultat global. Quatrième critère, est-ce qu’il affiche clairement les cotisations sociales et la CFE.

Sur 6 simulateurs que j’ai testés entre février et avril, seulement 2 cochaient les 4 cases. Les autres maquillaient l’un des 4 postes, en le regroupant avec un autre ou en le masquant dans un agrégat final. Pour une personne qui prépare son premier bien en LMNP, ce manque de granularité est un vrai problème. Le chiffre final paraît propre, mais il ne tient pas devant un contrôle fiscal.

Pourquoi ce choix de simulateur a compté

Le simulateur que j’ai retenu m’a laissée suivre chaque ligne de la liasse fiscale simplifiée. J’ai pu vérifier le calcul du résultat fiscal, le report des amortissements différés et la capacité réelle à neutraliser les revenus locatifs sur les 4 premières années. Cette clarté change le rapport à la décision. Je ne signe plus un montage en me fiant à un écran récapitulatif. Je signe un montage que j’ai pu refaire à la main sur un brouillon, en 20 minutes, pour vérifier que le chiffre final tombait juste.

Avec mes 10 ans de rédaction immobilière et les 100 projets suivis pour Cercle 30, j’ai vu trop de dossiers LMNP tomber sur un amortissement mal paramétré. Je ne veux pas être dans ce cas. Et je ne veux pas non plus qu’un lecteur qui me fait confiance tombe dedans. La mise en perspective m’oblige, désormais, à tester un simulateur sur au moins 3 dossiers avant de le recommander.

Élodie Leroux

Élodie Leroux publie sur le magazine Cercle 30 des contenus consacrés à la stratégie immobilière, à l’investissement, au financement et à la structuration de projet. Son approche repose sur la clarté, la mise en perspective des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux comprendre leurs décisions immobilières.

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