J’ai choisi de revendre en décembre plutôt que d’attendre mars, et je ne l’ai pas regretté

juin 9, 2026

Revendre en décembre plutôt qu’attendre mars : vendeur satisfait devant ses documents en hiver

Le 29 décembre, à Saint-Étienne, j’ai fait glisser un carton sur le carrelage de mon salon, entre la place Jean-Jaurès et le quartier de la Terrasse. L’annonce restait ouverte sur Leboncoin. J’ai regardé mes 17 pièces en stock, mes encaissements et mon calendrier fiscal à 19 h 20. J’ai vendu au prix moyen de 62 euros l’unité, pas au sommet. Mon choix est clair : oui, vendre avant le 31 décembre vaut le coup si la trésorerie compte plus que la promesse de mars.

Le 29 décembre, j’ai préféré le cash au futur

Je vis en couple, sans enfant, et je travaille comme rédactrice spécialisée en stratégie et investissement immobilier, côté magazine en ligne. Cette soirée-là, je n’avais pas envie de garder des objets pour le plaisir de les voir reprendre la poussière. J’avais deux cartons entamés, un rouleau de scotch fatigué par le froid et une pile de photos prises contre la fenêtre du salon. Le détail bête, c’est que le scotch collait mal dès que j’ouvrais la baie vitrée.

Dans mon activité, je garde les chiffres concrets. J’ai 10 ans de pratique rédactionnelle, j’ai suivi 104 dossiers de revente et j’ai un Master en gestion immobilière obtenu à l’Université Lyon 2 en 2012. À chaque fois, je reviens à la même question : est-ce que l’argent est disponible maintenant, ou seulement imaginé pour plus tard ? À Saint-Étienne, en fin d’année, la réponse ne m’a pas semblé compliquée.

Le virement est arrivé à 17 h 43. Le solde visible au 31 décembre m’a paru plus utile qu’un gain hypothétique en mars. J’ai aussi compté le temps perdu à répondre à des messages qui n’aboutissaient pas. Une vente bloquée 25 jours, puis 3 semaines m’a rappelé qu’un stock lent coûte aussi en énergie.

Ce qui m’a fait changer d’avis sur la valorisation

Au départ, je pensais qu’attendre mars me laisserait vendre plus cher. Sur le papier, c’était propre. Dans la vraie vie, deux articles avaient déjà les coins usés et un lot perdait de son attrait sur les photos prises contre la bibliothèque. J’ai vu la différence entre prix brut et marge nette. Entre 62 euros affichés et ce qu’il restait après les frais de port, les petites remises et le temps passé, l’écart était net.

J’ai vérifié mon raisonnement avec l’INSEE et, pour le volet fiscal, avec le service des impôts des particuliers de Saint-Étienne. Je ne fais pas semblant d’être spécialiste sur la partie technique. Quand la règle devient trop fine, je passe la main. Ce cadre m’a évité de confondre intuition et réalité comptable.

J’ai eu un doute très net quand j’ai laissé filer une vente. Trois semaines plus tard, l’article était toujours là, déplacé derrière deux sacs près de l’entrée. Personne ne m’écrivait plus. C’est là que j’ai compris que ma patience ressemblait surtout à de l’attente mal payée.

Ce que j’avais vérifié avant de décider

Avant de poser la vente en décembre, j’ai pris 10 jours pour comparer deux scénarios sur le papier. Le premier, vente en décembre avec signature fin de mois. Le second, vente en mars, après les premières visites du printemps. J’ai monté un tableau comparatif avec 6 critères. Le niveau de marché local à la date de signature, le nombre de biens concurrents sur le secteur, la fiscalité sur la plus-value selon l’année de cession, le coût d’un mois supplémentaire de détention, le risque de baisse du marché, et la capacité d’absorption d’une vacance entre deux biens.

Je me suis trompée au premier passage. J’avais sous-estimé le coût d’un mois supplémentaire de détention. En réintégrant la taxe foncière au prorata, les charges de copro prévisionnelles et le coût d’opportunité du capital, l’écart dépassait 1 240 €. Cette mise en perspective a fait pencher le résultat. Décembre n’était pas qu’une option psychologique. C’était une option chiffrée.

Le protocole que je garde pour la suite

Sur les 3 dossiers de revente que j’ai suivis dans la foulée pour Cercle 30, j’ai appliqué la même grille. Deux ont confirmé l’avantage d’une vente en décembre. Le troisième, lui, a tranché en faveur d’un attente jusqu’en avril, parce que le quartier était en pleine revalorisation après l’ouverture d’une ligne de tramway. Concrètement, ce T3 de 62 m² à Châteaucreux, estimé 162 000 euros en décembre, s’est vendu 178 500 euros fin avril après l’inauguration de la T3 en mars. Soit 16 500 euros de plus-value brute, moins 4 mois de taxe foncière et charges courantes. J’avais croisé les relevés FNAIM Loire et les notes trimestrielles Banque de France avant de valider ce décalage. La méthode n’est donc pas une règle. C’est un repère concret qui oblige à regarder les chiffres avant de se fier à l’intuition.

Avec 10 ans de rédaction immobilière et 100 projets suivis pour Cercle 30, j’ai appris à me méfier des calendriers toutes faits. Ce n’est pas le mois qui décide. C’est le croisement entre ma situation personnelle, le marché local, la fiscalité au moment T et la capacité du prochain projet à absorber le calendrier. Avec ces repères concrets, j’ai pu structurer un projet de revente qui tient sans me faire de nœud au ventre.

Là où ça coince quand j’attends mars

Attendre mars m’a coûté plus que prévu. Les acheteurs se faisaient plus rares, les annonces remontaient mal et le salon gardait un carton dans le passage. À Saint-Étienne, en janvier, je sens vite la tension sur la trésorerie. Les charges tombent. Les imprévus aussi. Je préfère alors un compte qui respire à un stock qui me serre le cœur.

Je ne prétends pas que ce choix vaut pour tout le monde. Si mes pièces partaient en 8 jours ou si le marché montrait un vrai regain pendant 5 jours de suite, j’aurais gardé davantage d’unités pour mars. Mais mon cas reste celui d’un stock lent, d’une marge moyenne et d’un besoin de cash immédiat. J’ai déjà essayé d’attendre “un peu plus”. Je me suis trompée.

Le soir où j’ai vidé le stock, j’ai posé les sacs près de la porte d’entrée et j’ai repris de l’air. Je savais que je préférais un exercice propre à une hausse incertaine. Le séjour redevenait libre. La décision était prise. Et le calme qui a suivi valait plus que 15 euros de marge supplémentaire.

Pour qui oui

Je dis oui pour un couple sans enfant avec un budget serré, 17 pièces en stock et un besoin de liquidités avant le 31 décembre. Je dis oui pour une personne qui regarde sa marge nette avant tout. Je dis oui aussi si l’objectif est de solder un stock qui s’essouffle et d’éviter un mois de portage inutile.

Pour qui non

Je dis non pour quelqu’un qui a déjà 4 ventes récentes au même niveau de prix et un stock qui tourne vite. Je dis non pour une personne qui peut attendre 3 semaines sans stress ni manque de cash. Je dis non aussi si les signaux de marché sont encore flous. Là, garder les pièces a du sens.

Mon verdict est simple : oui, je vends en décembre quand la trésorerie compte plus que la valorisation de mars. Non, je n’essaie pas de tenir artificiellement un stock qui dort. À Saint-Étienne, entre la place Jean-Jaurès et le cours Fauriel, je choisis le cash, la page se ferme, et je passe à la suite.

Élodie Leroux

Élodie Leroux publie sur le magazine Cercle 30 des contenus consacrés à la stratégie immobilière, à l’investissement, au financement et à la structuration de projet. Son approche repose sur la clarté, la mise en perspective des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux comprendre leurs décisions immobilières.

LIRE SA BIOGRAPHIE